Guérir d’Ebola ne marque pas toujours la fin des difficultés. Pour certains survivants, le retour à la vie communautaire peut être marqué par la stigmatisation, l’isolement ou encore des difficultés à retrouver leur emploi. Mwesigwa Prospère, psychologue au Centre de traitement d’Ebola de Rwankole, appelle à mieux accompagner ces personnes après leur guérison.
Selon lui, certains survivants peuvent être écartés de leur milieu professionnel après avoir repris leur vie normale. Une situation qui, estime-t-il, peut aggraver les difficultés psychologiques liées à la maladie.
« Lorsqu’une personne sort d’une maladie, surtout après une période aussi difficile, elle n’est pas forcément stable psychologiquement. Elle peut encore avoir certaines difficultés », explique le psychologue.
Pour Mwesigwa Prospère, la réintégration progressive dans la communauté et la reprise des activités peuvent contribuer au rétablissement des survivants. Il encourage notamment les responsables d’entreprises, d’organisations et de services publics à permettre aux personnes guéries de reprendre leurs fonctions lorsqu’elles en ont les capacités.
Le psychologue rappelle qu’avoir guéri d’Ebola ne signifie pas automatiquement perdre ses capacités physiques ou mentales. Une personne peut continuer à exercer son métier et à accomplir les tâches qu’elle réalisait avant la maladie.
Au-delà des soins médicaux, il appelle donc la communauté à soutenir les survivants dans leur retour à une vie normale. Pour lui, les maintenir à l’écart risque au contraire de leur créer de nouvelles difficultés.
Les personnes qui rencontrent des problèmes psychologiques après leur guérison peuvent notamment se rapprocher des structures de prise en charge afin de bénéficier d’un accompagnement adapté.
DjoDjo Djamba
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