La polémique née des déclarations croisées entre l’honorable Kakule Kalyomo, la communauté Yira/Nande, le conseiller spécial Max Nissan Amande et l’UNADI continue d’alimenter le débat public en Ituri. Dans un contexte marqué par des préoccupations sécuritaires et des tensions sociopolitiques, le juriste et notable iturien, Me Mokili Mungunuti David, prend position et formule plusieurs propositions en faveur de l’apaisement. Tout en apportant son soutien à Max Nissan Amande, représentant du Chef de l’État dans la Grande Orientale, il déplore le silence de plusieurs acteurs politiques et forces vives de l’Ituri. Il appelle à une mobilisation collective afin de prévenir toute escalade susceptible de fragiliser la cohésion entre les communautés. Un appel à la mobilisation des forces vives de l’Ituri Surnommé « Sentinelle de la République », Me Mokili Mungunuti David dénonce ce qu’il qualifie de « silence coupable » de plusieurs responsables politiques et structures représentatives de la province face à une situation qui, selon lui, dépasse le cadre d’un simple différend entre personnalités publiques. Dans son constat, seules quelques voix, notamment celles de l’UNADI et de l’honorable Samy Adubang’o, se sont publiquement exprimées pour contribuer à l’apaisement du climat sociopolitique. Le notable interpelle ainsi le caucus des chefs coutumiers, les parlementaires nationaux et provinciaux, la société civile, les notables ituriens résidant en Ituri et à Kinshasa, ainsi que les mouvements de jeunesse, notamment le Conseil provincial de la jeunesse de l’Ituri et la Jeunesse iturienne de Kinshasa. Il les invite à sortir de leur réserve et à jouer pleinement leur rôle de conseil et de contre-pouvoir, dans la défense des intérêts de la province et la prévention de toute dérive susceptible d’opposer les communautés pour des intérêts politiques. Pour une souveraineté populaire davantage ancrée à la base Au cœur de la réflexion de Me Mokili Mungunuti figure également la question de la représentation politique et de la participation des populations locales à la gestion de leur province. Il défend l’idée d’un pouvoir politique davantage rapproché des populations, qu’il résume en ces termes : « Le pouvoir du peuple iturien, exercé par les Ituriens et pour les Ituriens, puisque nul ne peut prétendre représenter le peuple et la province de l’Ituri plus que les Ituriens eux-mêmes, surtout qu’on ne peut valablement représenter un peuple et une province dont on n’est pas originaire. » Dans cette perspective, le notable estime qu’une réflexion de fond devrait être engagée sur les conditions permettant de garantir un ancrage local de la représentation politique, dans le respect des principes constitutionnels de la République. Un dialogue inclusif avec la communauté Yira/Nande Me Mokili Mungunuti préconise une concertation avec la communauté Yira/Nande afin de désamorcer les tensions. Il insiste toutefois sur la nécessité de distinguer les responsabilités individuelles de celles des communautés, pour éviter qu’une controverse entre acteurs politiques ou personnalités publiques ne se transforme en affrontement intercommunautaire. Selon lui, la communauté Yira/Nande ne devrait pas être confondue avec les prises de position individuelles de certains de ses membres. De même, les divergences politiques autour de la souveraineté iturienne et de la représentation locale ne devraient pas être interprétées comme un conflit entre communautés. Une réflexion constitutionnelle sur la représentation locale Le notable propose également une réflexion sur les conditions d’accès aux fonctions électives, notamment celles de député national, de sénateur, de député provincial et de conseiller. Il suggère que des critères d’ancrage provincial, fondés notamment sur la filiation paternelle des candidats, soient examinés afin de renforcer, selon lui, les liens entre les élus et les populations qu’ils représentent. Cette proposition s’inscrit dans sa conception d’une représentation politique davantage enracinée dans les réalités locales. Pour Me Mokili Mungunuti, la proximité entre l’élu et la population ne devrait pas être uniquement géographique ou électorale, mais également reposer sur un lien avec l’histoire, les réalités sociologiques et les aspirations de la province représentée. Vigilance sécuritaire et coordination interprovinciale Abordant les préoccupations sécuritaires évoquées dans les récentes déclarations publiques des différentes parties, notamment celles faisant état d’une implication présumée de groupes armés ou d’acteurs venus du Nord-Kivu en Ituri, Me Mokili Mungunuti appelle à la prudence et à une délimitation claire des responsabilités. Il estime nécessaire de renforcer les mécanismes de communication entre les autorités de l’Ituri et celles du Nord-Kivu afin de prévenir la propagation des tensions d’une province à l’autre. Il appelle également les autorités compétentes, notamment le Chef de l’État, à veiller à ce qu’aucun acteur extérieur ne s’immisce dans les affaires politiques internes de l’Ituri ni dans les questions sécuritaires relevant des institutions légalement établies dans la province. Le notable estime qu’il est important que chaque province assume ses propres responsabilités sécuritaires. Il fait notamment référence aux groupes armés actifs au Nord-Kivu, citant les Maï-Maï, les ADF et le M23, pour souligner, selon lui, la nécessité de privilégier la coordination entre les autorités compétentes plutôt que les initiatives extérieures susceptibles d’alimenter les tensions. Pour Me Mokili Mungunuti, les tensions entre certains acteurs ituriens et la communauté Yira/Nande doivent être prises au sérieux. Il considère que la prévention demeure préférable à une réaction tardive, lorsque la situation devient difficile à maîtriser. Pour une médiation du Chef de l’État Face au risque d’enlisement de ce que certains qualifient désormais de « guerre numérique impliquant Max Nissan », Me Mokili Mungunuti David plaide pour une implication préventive du Président de la République. Il propose que le Chef de l’État facilite une rencontre réunissant les différentes parties prenantes afin de permettre un échange direct, de clarifier les positions de chacun et de prévenir toute instrumentalisation communautaire de cette controverse. Selon lui, cette démarche devrait également permettre d’aborder une question plus profonde : celle de la participation des Ituriens à la définition de leur propre avenir politique et institutionnel, sans ingérence extérieure. « L’Ituri d’aujourd’hui se construit par les choix que nous faisons et qui orienteront notre avenir de demain. L’Ituri de demain nous jugera sur notre responsabilité d’hier et d’aujourd’hui », écrit-il. Pour le notable, la question de la souveraineté à la base et de la participation des Ituriens

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