Le Tribunal de Grande Instance de l’Ituri a poursuivi le mardi 29 Juillet l’examen de l’affaire opposant le Ministère Public à Madame Bijoux Djamba, ancienne cheffe de la Division Provinciale des Infrastructures et Travaux Publics (ITP) en Ituri. La journée a été marquée par les plaidoyers dans ce dossier retentissant qui met en lumière des accusations graves de détournement de fonds publics et de faux en écriture. Madame Bijoux Djamba est poursuivie pour plusieurs infractions, dont le présumé détournement de plus de 370 000 dollars américains issus d’un contrat de mise en gage de biens du domaine public de l’État, notamment l’espace Compox, le garage TP ainsi que les bâtiments situés au rond-point Pic Nic. Ces fonds, censés revenir au Trésor public, auraient été détournés à des fins personnelles, selon l’accusation. Elle est également accusée de faux et usage de faux, pour avoir notamment signé des documents officiels en se faisant passer pour son feu père, également ex-chef de division, et pour avoir fabriqué un faux sceau ainsi que la signature du maire de la ville de Bunia, Fimbo, dans lesdits contrats. L’affaire a été portée en justice grâce à un rapport de l’Inspection Provinciale des Finances (IPFI) qui a dénoncé une opération de malversation caractérisée. Selon l’IPFI, l’argent provenant de la vente ou de la mise en gage des terres appartenant à l’État ne pouvait en aucun cas être utilisé sans autorisation légale, ce qui constitue un détournement de deniers publics. Des réquisitions sévères du Ministère Public En attendant le verdict annoncé dans un délai d’environ dix jours, le Ministère Public a formulé des réquisitions lourdes à l’encontre de la prévenue. Il sollicite : Une peine de 20 ans de travaux forcés ; Une inéligibilité de 10 ans, avec interdiction d’être électrice ou candidate, une fois la peine purgée ; La privation définitive de toute fonction publique ou poste dans un service de l’État ; La restitution de la somme détournée ; Le paiement de dommages et intérêts à la République, représentée par la Province de l’Ituri ; Et enfin, l’arrestation immédiate de la prévenue. Ce procès est suivi de près par les citoyens et les acteurs de la société civile, qui y voient un test de la volonté des autorités judiciaires à lutter contre l’impunité et la corruption au sein de l’administration publique provinciale. Rédaction

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