Dans un climat parlementaire électrique, le Sénat congolais a opéré un tournant stratégique ce week-end. L’élection de Norbert Basengezi au poste de deuxième vice-président marque non seulement le retour d’un vieux briscard de la politique, mais surtout une tentative désespérée de la chambre haute pour retrouver sa sérénité après des semaines de turbulences.
Le score est sans appel : 87 voix sur 95 votants. En récoltant une majorité écrasante lors du scrutin organisé dans la capitale, Norbert Basengezi ne fait pas que succéder à Modeste Bahati Lukwebo ; il reçoit un véritable mandat de « pacificateur » de la part de ses pairs.
Cette adhésion massive suggère une volonté claire des sénateurs de tourner la page des querelles intestines qui paralysaient l’institution depuis le début de l’année.
L’héritage complexe de Modeste Bahati
Le départ de Modeste Bahati Lukwebo, officialisé le 18 mars dernier, n’était pas une simple formalité administrative. Poussé vers la sortie par une fronde de sénateurs critiquant ouvertement sa gestion, l’ancien deuxième vice-président laisse derrière lui une institution en quête de repères.
« Cette élection n’est pas qu’un changement de nom, c’est un changement de méthode que nous recherchons, » confie un sénateur sous couvert d’anonymat.
Basengezi : L’expérience au service du consensus
Pour stabiliser l’édifice, le Sénat a choisi la carte de l’expérience. Ancien haut cadre de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI), Norbert Basengezi est un fin connaisseur des arcanes du pouvoir et des rouages institutionnels. Sa réputation de technicien des affaires publiques est désormais mise à l’épreuve d’un défi politique de taille : réconcilier les tendances.
Si l’élection de Basengezi apporte un souffle nouveau, les défis restent entiers :
Apaiser les tensions internes persistantes entre les différentes plateformes politiques.
Restaurer l’image du bureau auprès de l’opinion publique.
Fluidifier la gouvernance pour une chambre haute plus efficace.
Le pari est lancé. Reste à savoir si cette recomposition partielle suffira à instaurer cette « gouvernance consensuelle » tant réclamée par les acteurs politiques congolais, ou s’il s’agit simplement d’un répit avant de nouvelles secousses.
Rédaction
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