À Bunia chef lieu de la province de l’ituri, la mise en œuvre stricte du port obligatoire du casque par la Police de circulation Routière (P CR) continue de susciter une vive polémique parmi les conducteurs de taxi-moto. Ces derniers dénoncent ce qu’ils considèrent comme une répression injuste, alors que beaucoup affirment ne pas encore avoir eu les moyens d’acheter un casque de protection.
Depuis le lancement de l’opération, plusieurs moto ont été arrêtés dans différents coins de la ville. Certains témoignent avoir payé une amende allant d’aumoins 20 dollars américains , un montant jugé exorbitant. « On nous oblige à payer le casque et en plus une amende équivalente. C’est une double sanction », déplore un conducteur rencontré au centre-ville.
La situation a même pris une tournure tendue : selon des sources locales, certains taximen non équipés s’en prennent à leurs collègues déjà en possession de casques, allant jusqu’à endommager volontairement ces outils de protection. Une rivalité qui fragilise davantage la cohésion entre les acteurs de ce secteur vital pour le transport urbain de Bunia.
De son côté, le commandant Groupe PCR ville de Bunia le comisseur supérieur Ndolerire Nyamazabo Yassin, a rappellé ce jeudi 25 septembre que le port du casque est une obligation légale inscrite dans le Code de la route depuis 1978.
« Le conducteur et le passager doivent porter un casque de protection. Nous avons beaucoup sensibilisé, à travers radios et réunions, mais rien n’a changé. Voilà pourquoi nous sommes passés à l’action », explique-t-il. Pour lui, il s’agit avant tout de sauver des vies face à la recrudescence des accidents de circulation.
Le commandant Ndolerire appelle les taximen au calme et les encourage à s’équiper rapidement afin d’éviter les sanctions. Il précise également que toute menace ou intimidation entre conducteurs doit être signalée officiellement pour permettre aux autorités compétentes d’intervenir.
Entre impératif de sécurité et réalités économiques, le débat sur le port du casque à Bunia illustre un défi plus large : comment appliquer la loi tout en tenant compte des conditions sociales de ceux qui, au quotidien, assurent la mobilité de la population ?
Djodjo Djamba
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