Ndama, 17 décembre 2025 – Près de 200 participants, issus des sept groupements de la chefferie des Djukoth, dont celui de Berunda situé à près de 250 km, ont pris part ce mercredi à une tribune d’expression populaire organisée dans la salle polyvalente de la chefferie, en territoire de Mahagi.
Cette activité, organisée dans le cadre du projet Nashiriki kwa Masikilizano 2, visait à promouvoir le dialogue communautaire démocratique autour des conflits fonciers, notamment les conflits de limites, ainsi que des tracasseries policières, en particulier les arrestations arbitraires et les amendes jugées excessives par la population.
La rencontre a été présidée par Sa Majesté Jean Lossani Atinda, chef de la chefferie des Djukoth, en présence des sept chefs de groupement, ainsi que des autorités judiciaires, policières et administratives.
Trois interventions principales ont marqué les échanges :
le Président du Tribunal de Paix de Mahagi, qui a éclairé l’assistance sur le cadre légal des conflits fonciers ;
le Commandant de la Police du territoire, qui a précisé le rôle et les limites de la Police nationale congolaise dans ces litiges ;
le chef de chefferie, qui a insisté sur la résolution pacifique des conflits à travers les mécanismes coutumiers.
Le point fort de la journée a été la séance de questions-réponses, saluée par les participants comme un véritable dialogue démocratique, permettant aux citoyens d’exprimer librement leurs préoccupations directement aux autorités.
À l’issue des échanges, des recommandations ont été formulées et un comité de suivi communautaire mis en place pour assurer la mise en œuvre des résolutions.
La tribune a connu une participation massive et inclusive, réunissant autorités coutumières, société civile, associations féminines, acteurs de sécurité, notables, médias locaux et citoyens. Plusieurs participants ont salué une initiative inédite, soulignant qu’il s’agissait d’une première rencontre directe avec les responsables coutumiers, judiciaires et sécuritaires.
Pour la société civile des Djukoth, ce projet constitue une véritable thérapie aux conflits. « Nous repartons satisfaits et rassurés », a déclaré Jacques Pitua, acteur local de la société civile.
Clôturant la rencontre, le chef de chefferie a qualifié cette tribune de leçon pédagogique et de dialogue démocratique, remerciant les organisateurs pour leur engagement en faveur de la paix et de la cohésion sociale.
Après les chefferies des Anghals Mokambo et des Djukoth, l’activité se poursuivra cette semaine dans les chefferies de Walendu Watsi et de Panduru. Elle est organisée par l’ONG FLEVICA, en partenariat avec International Alert, dans le cadre du projet Nashiriki kwa Masikilizano 2, mis en œuvre par le consortium NRC, International Alert, Justice Plus et Search for Common Ground, avec l’appui financier de l’Union européenne en territoire de Mahagi.
Rédaction
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