Alors que l’Ituri aspire à tourner la page de décennies de conflits pour se concentrer sur la paix et le développement, une nouvelle bataille politique se profile. Moses Ngesera, acteur politique de plus en plus influent dans la région, se positionne en première ligne face à Thomas Lubanga, ancien détenu de la Cour Pénale Internationale (CPI), aujourd’hui soupçonné de vouloir replonger la province dans l’instabilité.
Soutenu par une large frange de la population, le gouverneur Johnny Luboya Nkashama continue de bénéficier d’une cote de confiance élevée pour sa gouvernance jugée apaisante et orientée vers le progrès. Mais cette dynamique positive semble menacée par les agissements de Lubanga, accusé d’avoir trahi ses engagements de 2020 envers le président Félix Tshisekedi en activant la milice CRP pour tenter de déstabiliser la province.
Actuellement en Ouganda, Thomas Lubanga fait l’objet de sanctions de la part des autorités congolaises, qui ont suspendu son parti politique. Toutefois, pour de nombreux Ituriens, ces mesures restent insuffisantes. Ils réclament une intervention rapide et décisive afin d’éviter une nouvelle spirale de violence.
Le recrutement de jeunes au sein de la milice CRP alimente les inquiétudes. Ces jeunes, censés incarner l’avenir de l’Ituri, risquent d’être sacrifiés sur l’autel d’ambitions personnelles. Pour Moses Ngesera, il est urgent d’agir. Il appelle à l’unité de la population et à une réponse musclée face à ce qu’il qualifie de « menace directe à la souveraineté et à la stabilité de la province ».
Dans ce contexte tendu, l’opération Sujaa, menée conjointement avec l’armée ougandaise contre les groupes armés actifs dans l’Est de la RDC, pourrait jouer un rôle crucial. « Si Lubanga n’est pas arrêté alors qu’il séjourne en Ouganda, nous serons fondés à considérer ce pays comme complice », martèle Ngesera.
La tension monte. La population attend des actes concrets. Et Moses Ngesera prévient : si le gouvernement congolais n’intervient pas rapidement, les forces locales pourraient prendre les devants pour préserver l’ordre et la paix en Ituri.
Rédaction
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