Douze mois après sa prise en main du secteur minier, le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, met en avant une série de réformes destinées à renforcer la gouvernance, la transparence et la traçabilité des ressources minières de la République démocratique du Congo. À travers cette nouvelle orientation, le ministère entend faire du secteur minier un véritable levier de développement national, tout en veillant à ce que les richesses issues du sous-sol congolais bénéficient davantage à la population. Parmi les principaux chantiers mis en avant figurent l’assainissement du secteur, la lutte contre l’exploitation minière illicite, la modernisation de l’administration minière et la digitalisation de plusieurs procédures. Le gouvernement affirme également vouloir améliorer la traçabilité des minerais et renforcer le contrôle des activités extractives. *Une administration minière appelée à rendre des comptes* Sous l’impulsion de Louis Watum Kabamba, le ministère des Mines a notamment instauré un mécanisme de redevabilité trimestrielle pour les responsables des structures placées sous sa tutelle. Cette démarche vise à instaurer davantage de culture de résultats, de transparence et de performance dans la gestion du secteur. La modernisation du Cadastre minier (CAMI) constitue également l’un des axes importants de cette réforme. Elle vise notamment à améliorer la gestion des titres miniers, réduire les chevauchements et renforcer la transparence dans l’attribution et le suivi des périmètres miniers. Cette dynamique s’accompagne d’efforts pour mieux connaître le potentiel géologique du pays. En juin 2026, le ministère a notamment travaillé avec la Belgique et l’Union européenne sur la digitalisation et la restitution progressive des archives géologiques congolaises, considérées comme des données stratégiques pour la connaissance du sous-sol national. *Les communautés locales au cœur des réformes* La question de la redistribution des revenus miniers occupe également une place importante dans cette nouvelle approche. Devant les députés nationaux, Louis Watum a présenté les mécanismes liés à la redevance minière, à la dotation de 0,3 % du chiffre d’affaires des entreprises minières et aux cahiers des charges de responsabilité sociétale. Ces mécanismes doivent permettre de financer des projets au bénéfice des communautés locales, notamment dans l’éducation, la santé, l’eau potable, les infrastructures et la formation professionnelle. Le ministre défend ainsi une vision dans laquelle les Congolais ne devraient pas seulement être considérés comme une main-d’œuvre du secteur extractif, mais également comme des acteurs et bénéficiaires des richesses produites par leur sous-sol. *Une réforme encore confrontée à de nombreux défis* Malgré ces avancées annoncées, les défis restent considérables. L’exploitation minière illicite, la fraude, la faible transformation locale des minerais, les difficultés de traçabilité et les préoccupations environnementales continuent de peser sur le secteur. La réussite de cette nouvelle gouvernance dépendra donc de la capacité des autorités à transformer les réformes annoncées en résultats durables sur le terrain. Après douze mois, le chantier est loin d’être achevé. Mais le message porté par le ministère des Mines est désormais clair : mieux connaître le sous-sol, mieux encadrer son exploitation et faire en sorte que ses richesses contribuent davantage au développement de la République démocratique du Congo. DjoDjo Djamba
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