Mahagi, Ituri — La spoliation et la vente illicite des pâturages collectifs dans le territoire de Mahagi préoccupent de plus en plus les acteurs de la société civile et du secteur foncier. La question a été au centre de l’émission « Culture et Social – Participe au Débat », consacrée aux solutions à mettre en place pour préserver ces espaces et prévenir de nouveaux conflits entre communautés. Autour de la table, Samuel Uketi, coordonnateur de la Société civile du Congo en Ituri, Daniel Danuber, acteur social en Ituri, et Maître Déo Zidane, juriste, ont analysé les causes et les conséquences de la disparition progressive des pâturages collectifs dans cette partie de la province. Selon les intervenants, plusieurs facteurs favoriseraient la spoliation de ces espaces, notamment la vente illicite des terres, les conflits autour des limites foncières, mais aussi certaines défaillances dans la gestion et le contrôle des terres communautaires. Une menace pour la cohabitation entre agriculteurs et éleveurs La disparition des pâturages collectifs risque d’aggraver les tensions entre agriculteurs et éleveurs, dont la cohabitation demeure fragile dans plusieurs zones de l’Ituri. La réduction des espaces réservés au pâturage peut pousser les éleveurs à déplacer leurs troupeaux vers des terres cultivées, créant ainsi des dégâts agricoles et alimentant des accusations réciproques. Pour les participants au débat, la protection des pâturages constitue donc également un enjeu majeur de prévention des conflits communautaires. L’ACOOPELI pointée du doigt Au cours des échanges, l’ACOOPELI a également été mise en cause par certains intervenants, qui ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme un laxisme et une certaine incompétence dans la gestion et la protection des pâturages collectifs. L’absence de son représentant au débat a toutefois été relevée, celui-ci n’ayant pas répondu à l’invitation. Cette absence n’a pas permis à l’organisation de présenter sa version des faits ou de répondre directement aux critiques formulées à son encontre. Il convient donc de considérer ces accusations comme des points de vue exprimés lors de l’émission, en attendant une éventuelle réaction ou clarification de l’ACOOPELI. Les autorités appelées à assumer leurs responsabilités Les responsabilités des autorités coutumières et administratives ont également été au centre des discussions. Les participants ont insisté sur la nécessité de renforcer le contrôle des transactions foncières et de lutter contre les pratiques susceptibles de favoriser l’accaparement des terres communautaires. Ils recommandent notamment une meilleure identification et sécurisation des pâturages collectifs, un contrôle plus rigoureux des opérations de vente des terres ainsi qu’une implication accrue des communautés locales dans la gestion des espaces pastoraux. Prévenir plutôt que gérer les conflits Pour les intervenants, la solution ne devrait pas se limiter à intervenir lorsque les conflits éclatent. Elle doit surtout passer par la prévention, la sensibilisation des communautés, le respect des droits fonciers et la clarification des responsabilités de chaque acteur. La préservation des pâturages collectifs apparaît ainsi comme un enjeu essentiel pour maintenir la cohabitation entre agriculteurs et éleveurs et prévenir de nouveaux conflits fonciers dans le territoire de Mahagi. L’émission « Culture et Social » est disponible en intégralité sur la page YouTube de la Radio Télévision Sango Malamu. Rédaction
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