_Par Alex Shabdina_ Dans un contexte marqué par la recrudescence de la maladie à virus Ebola en province de l’Ituri, les leaders religieux et les acteurs de la santé publique multiplient les initiatives de sensibilisation pour protéger les communautés. C’est dans cette optique que la communauté musulmane de Bunia a consacré sa grande prière hebdomadaire du vendredi 12 juin 2026 à la sensibilisation contre Ebola à la mosquée Raouda de la Cité de Bunia. Devant plusieurs centaines de fidèles réunis tout en respectant les distanciations sociales, le Sheikh Mansour Chomba a exhorté les musulmans à respecter les mesures de prévention recommandées par les autorités sanitaires afin de limiter la propagation du virus. S’appuyant sur les enseignements de l’Islam, le guide religieux a rappelé que la protection de la vie humaine constitue un devoir sacré. « Il ne faut pas être à l’origine de nuire à son propre corps, à sa santé ou à la société. La préservation de la vie est une responsabilité que Dieu a confiée à chacun de nous », a déclaré le Sheikh Mansour Chomba lors de son sermon. L’Imam a également souligné que les enseignements prophétiques recommandent déjà des mesures comparables à l’isolement sanitaire et à la quarantaine en période d’épidémie. « Les Hadiths nous enseignent qu’il ne faut pas entrer dans une région touchée par une épidémie ni quitter une zone contaminée pour exposer les autres populations au danger », a-t-il expliqué. La rencontre a connu la participation d’une délégation du Centre des opérations d’urgence de santé publique (COUSP), structure relevant de l’Institut national de la santé publique (INSP), venue renforcer les messages de sensibilisation auprès des fidèles. L’événement a également été marqué par la présence de l’archevêque Ignace Bingi, coordonnateur du Conseil des confessions religieuses de l’Ituri (CCRI) et membre du pilier Communication sur les risques et Engagement communautaire (CREC). Dans un esprit de fraternité et de cohésion sociale, l’archevêque Ignace Bingi a prié aux côtés des fidèles musulmans avant de délivrer des messages de prévention contre Ebola. Les intervenants ont insisté sur l’importance du lavage régulier des mains avec de l’eau propre et du savon, de l’enterrement digne et sécurisé en cas de décès pour interrompre la chaîne de transmission du virus. De son côté, Sauda Biwaga, conseillère des femmes musulmanes de l’Ituri, a particulièrement sensibilisé les mères de famille, qu’elle considère comme les premières protectrices des foyers. « Si une maman est touchée, c’est toute la famille qui est en danger. Les femmes doivent veiller à l’hygiène des enfants, à la propreté de la maison et à la désinfection des aliments avant leur consommation »,a-t-elle recommandé. Les leaders communautaires ont également mis en garde contre les fausses informations et les rumeurs qui circulent autour de la maladie. « Les rumeurs tuent plus que la maladie elle-même »,a averti Sauda Biwaga, appelant la population à faire confiance aux professionnels de santé et aux équipes de riposte. Pour les organisateurs, la lutte contre Ebola ne peut réussir qu’à travers une mobilisation collective associant les communautés religieuses, les autorités sanitaires et l’ensemble de la population. « La prière est importante, mais elle doit être accompagnée d’actions concrètes, de discipline sanitaire et d’une vigilance permanente »,à conclu l’archevêque Ignace Bingi, responsable de conseil de confessions religieuses en Ituri (CCRI) À travers cette initiative interconfessionnelle, les leaders musulmans, les représentants des Églises et les acteurs de la santé publique espèrent renforcer l’adhésion communautaire aux activités de riposte et contribuer à stopper la propagation de la maladie à virus Ebola dans la province de l’Ituri.
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