La page Johnny Luboya N’Kashama se tourne en Ituri. Après plusieurs années à la tête de la province sous le régime de l’état de siège, l’ancien gouverneur militaire cède sa place à une nouvelle équipe appelée à poursuivre la mission de stabilisation de cette province meurtrie par des décennies d’insécurité. Dans les rues de Bunia, les réactions sont partagées. Pour certains habitants, Johnny Luboya restera l’homme qui a tenté de restaurer l’autorité de l’État dans plusieurs zones affectées par les violences armées. D’autres rappellent les efforts menés pour sécuriser certains axes routiers stratégiques et favoriser le retour progressif de l’administration dans certaines entités. « On peut aimer ou ne pas aimer son bilan, mais il a dirigé l’Ituri dans l’une des périodes les plus difficiles de son histoire récente », estime un habitant rencontré à Bunia. Cependant, plusieurs citoyens soulignent que malgré les opérations militaires et les initiatives de paix, l’insécurité est restée une préoccupation majeure dans plusieurs territoires de la province. Les attaques de groupes armés, les déplacements de populations et les pertes en vies humaines ont continué à alimenter le débat sur l’efficacité de l’état de siège. Pour de nombreux observateurs, l’heure n’est ni au procès ni à l’éloge, mais à l’évaluation objective d’un mandat exercé dans un contexte particulièrement complexe. Une chose semble néanmoins faire consensus : les institutions de la République demeurent au-delà des hommes qui les incarnent. Johnny Luboya quitte ses fonctions, mais son passage à la tête de l’Ituri restera inscrit dans l’histoire de la province, avec ses réussites, ses défis et les leçons qu’il lègue à ses successeurs. Aujourd’hui, les regards sont tournés vers le Général-Major Kasongo Mulumba Batoka Gaby, appelé à écrire à son tour une nouvelle page de l’histoire de l’Ituri. Car, comme le dit l’adage, les hommes passent, mais les institutions restent. DjoDjo Djamba
![]()









