Par Alex Shabdina À Bunia et à Kasenyi, en Ituri, chaque information peut apaiser ou enflammer. Dans cette province marquée par les conflits et fragilisée par la circulation rapide de rumeurs, la MONUSCO a organisé, du 12 au 13 janvier 2026, une formation destinée à renforcer les capacités d’une vingtaine de journalistes et de jeunes leaders à lutter contre la désinformation. La session, conduite par la Section des Communications stratégiques et de l’Information publique de la MONUSCO, a porté sur l’identification des fausses informations, la vérification des sources et les fondamentaux de l’écriture journalistique. « Nous devons devenir des relais de vérité », a affirmé Joël Madhira, représentant du Conseil urbain de la jeunesse de Bunia. « Cette formation m’a outillé pour sensibiliser les jeunes sur le terrain, dans une province où la désinformation peut facilement soulever la population. » Le Chef de bureau de la MONUSCO à Bunia, Josiah Obat, a rappelé la mission de la MONUSCO : « Nous ne sommes pas une force d’occupation, mais une mission de paix. Lorsque vous êtes confrontés à des informations sensibles non vérifiées, nous sommes là pour vous éclairer. » Pour les journalistes, l’enjeu est quotidien. Grace Birungi, de la radio CANDIP-Bunia, explique : « Relayer une fausse information peut avoir des conséquences sécuritaires, économiques ou sanitaires, et même détruire des vies. Beaucoup de jeunes diffusent sans mesurer les risques. Après cette formation, je sais désormais quoi partager et quoi éviter. » Stéphane Maganza, journaliste à la RTNC, insiste sur la vigilance : « La vérification rigoureuse est indispensable. Le journaliste protège la population, mais aussi sa propre sécurité. » Jean-Tobie Okala, responsable de l’Information publique de la MONUSCO en Ituri et formateur principal, rappelle que le journalisme implique une responsabilité éthique : « Le micro est une arme. Une information mal vérifiée peut provoquer tensions et violences. Cette formation vise à sensibiliser les journalistes et leaders communautaires aux dangers de leurs écrits. »À l’ère des réseaux sociaux, identifier rapidement une fausse information, la traiter et rétablir la vérité devient un impératif pour tous les acteurs de l’information. La formation s’est conclue par des exercices pratiques, dont une démonstration de journal radio en direct, et par un engagement collectif à devenir des acteurs de vérité et de paix dans leurs communautés. Près d’un millier de journalistes, étudiants et membres de la société civile ont déjà été formés par la MONUSCO en Ituri. Ce programme s’inscrit également dans un Projet à Impact Rapide, qui vise à équiper plusieurs radios locales en panneaux solaires, garantissant une diffusion d’informations fiables, même dans les zones enclavées.
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