La cérémonie funéraire du journaliste Thierry Lole, figure respectée du paysage médiatique de l’Ituri, s’est tenue le lundi 05 Janvier à Bunia dans une atmosphère de profonde émotion et de consternation. Journalistes, proches, amis et collègues se sont rassemblés pour rendre un dernier hommage à celui qui incarnait, pour beaucoup, une voix crédible et engagée de l’information au sein de la RTNC-Bunia. Mais au-delà du deuil, un fait majeur a suscité une vive indignation au sein de la corporation journalistique : l’absence totale des autorités militaires, dans une province pourtant placée sous régime de l’état de siège. Aucun représentant officiel n’a été aperçu lors de la cérémonie, un silence lourd de sens pour les professionnels des médias présents. Cette absence intervient dans un contexte déjà marqué par de nombreuses interrogations autour des circonstances de la mort de Thierry Lole. Selon plusieurs journalistes et acteurs de la société civile, son assassinat s’inscrirait dans le climat persistant de criminalité urbaine à Bunia, caractérisé par des violences ciblées, souvent nocturnes, qui continuent de coûter la vie à des civils, malgré les mesures sécuritaires exceptionnelles censées renforcer la protection des populations. Pour de nombreux professionnels des médias, ce boycott des funérailles traduit un malaise plus profond. « Comment comprendre qu’un journaliste soit assassiné en pleine ville, sous état de siège, et que les autorités militaires brillent encore par leur absence, même lors de son enterrement ? », s’est interrogé un confrère, visiblement ému. Au sein de la presse locale, la comparaison revient avec insistance : un journaliste tué dans un contexte censé garantir une sécurité renforcée, et des autorités absentes au moment du dernier hommage. Ce double silence, avant et après la mort, alimente un sentiment d’abandon et renforce la perception d’une impunité persistante face aux crimes visant les professionnels des médias. Plusieurs journalistes interrogés par nos confrères de Ituri.cd dénoncent également un manque de reconnaissance institutionnelle, estimant que cette posture contraste avec le rôle central que joue la presse dans la communication et la visibilité des actions des autorités. Thierry Lole a été inhumé dans la douleur et la dignité, sous les larmes, les hommages et les engagements renouvelés de ses confrères à poursuivre le combat pour une presse libre, protégée et respectée, même dans un contexte sécuritaire profondément dégradé. Rédaction
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